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Par Coline PAVOT - Publié le 08.02.2023

Les labels : un outil indispensable pour se repérer dans l'univers de l'investissement responsable

Les labels se sont multipliés et il est parfois difficile de comprendre le fonctionnement de chacun. Coline Pavot nous explique tout.

Podcast

Bienvenue dans Action, le podcast de Primonial qui vous donne les clés pour mieux comprendre la gestion de patrimoine, pour garantir une meilleure transparence et un cadre commun aux fonds financiers. Le Ministère de l'Economie et des Finances a créé en 2016 un label dédié à l'investissement socialement responsable, le label JSR. Depuis, les labels se sont multipliés et il est parfois difficile de comprendre le fonctionnement de chacun.

Pour y voir plus clair, nous accueillons Coline Pavot, responsable de la recherche investissement responsable de LFDE.


Pouvez vous nous dire quels sont les principaux labels de finance durable ?


C.P. : Il existe une dizaine de labels de finance durable en Europe et la France est pionnière sur le sujet avec trois principaux labels. Le premier, c'est le label ISR pour investissement socialement responsable de l'Etat français, qui a été créé en 2016 par le ministère de l'Economie et des Finances et qui fait suite à un label plus ancien qui était le label de Novethic. C'est aujourd'hui le label le plus large et le plus généraliste sur la place et plus de 1100 fonds sont labellisés ISR de 190 sociétés de gestion représentant environ 730 milliards d'euros d'encours. Il est intéressant de noter que depuis fin 2020, ce label est étendu aux fonds immobiliers. Deux autres labels plus spécialisés existent également. Nous avons le label GreenFin qui a été créé fin 2015 par le ministère de la Transition écologique et qui lui est dédié à ce qu'on appelle les fonds vert, c'est à dire des fonds qui financent la transition énergétique et écologique et la lutte contre le changement climatique. Nous avons également le label Finansol qui a été créé par l'association FAIR afin de pouvoir distinguer les produits d'épargne solidaire.

En Europe, il existe également des labels en Allemagne, en Belgique, au Luxembourg, en Autriche ou encore dans les pays nordiques. Ces différents labels ont souvent des cahiers des charges complémentaires avec un socle de critères en commun et des particularismes qui correspondent souvent aux sensibilités nationales des épargnants, comme par exemple en imposant certaines exclusions sectorielles. Il est intéressant de noter qu'un même fonds peut avoir plusieurs labels. Grâce à cette diversité de labels de finance durable, en fonction de vos aspirations d'investisseur responsable, il y aura forcément un label qui pourra y répondre.


Dans votre réponse, vous n'avez pas mentionné les articles 8 et 9 issus du règlement SFDR. Dites nous pourquoi ?


C.P. : Excellente question. La classification des produits financiers en articles 6, 8 et 9 ne sont pas des labels de finance durable. C'est une erreur ou un raccourci qui est fait assez couramment. Il faut vraiment être vigilant sur cette différenciation. Il s'agit d'une réglementation européenne qui impose une auto classification des fonds par les sociétés de gestion elles mêmes selon leurs objectifs d'investissement responsable. Est ce que j'ai un objectif d'investissement durable ? Dans ce cas, je pourrais être catégorisé article 9 ou est ce que j'intègre simplement des caractéristiques environnementales ou sociales ? Et dans ce cas je serai alors article 8. Ou au contraire, si je n intègre aucune de ces dimensions, je serai alors article 6. Selon le choix de la catégorie qui aura été faite, chaque fonds devra avoir des objectifs de transparence, en particulier sur les méthodologies qui seront utilisées. Comme vous pouvez le voir, il n'y a donc pas réellement de contrainte de gestion comme imposée par les labels ou d'exigences de résultats.



Concrètement, comment fonctionnent les labels financiers ?


C.P. : Alors si on prend l'exemple du label le plus diffusé, donc le label ISR de l'Etat français, ça se passe en plusieurs étapes. Tout d'abord, il est important de savoir que c'est une démarche intentionnelle de la part d'une société de gestion, de faire candidater l'un de ces fonds. Et cela a un coût. Une fois que la décision a été prise, chaque fonds doit compléter un dossier de candidature pour démontrer la conformité du fonds au cahier des charges du label. Cahier des charges qui évolue d'année en année. Ce cahier des charges, il porte par exemple sur les modalités d'analyse ESG, l'analyse sur les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance, la qualité des méthodologies, la transparence ou encore le vote et l'engagement. Par exemple, pour obtenir le label, le fond aura besoin de prouver que l'analyse ESG aura un impact important sur la sélection des entreprises. S'engager à surperformer son indice sur un ou deux indicateurs extra financiers, comme par exemple son empreinte carbone, ou encore communiquer en détail sur ces méthodologies ainsi que communiquer le portefeuille complet de ses investissements aux épargnants.

Ce dossier de candidature est ensuite remis à un auditeur indépendant qui, sur cette base, va pouvoir mener un audit. Cet audit a lieu sur site pour la première année et à distance qu'on appelle sur pièces pour les années suivantes, la conclusion de l'audit. Elle vient alors valider la conformité du processus d'investissement du fonds au cahier des charges du label et peut permettre d'identifier des axes d'amélioration. Dans le cas particulier du label ISR de l'Etat français, celui ci est obtenu pour trois ans avec un audit de contrôle annuel. La plupart des labels de finance durable fonctionnent sur un schéma assez similaire.


Ces derniers mois, certains de ces labels ont été critiqués pour leur efficacité. Qu'en pensez vous ?


C.P. : Alors, je pense qu'il est important de rappeler avant tout que l'objectif des labels, leur objectif premier, est de guider les épargnants dans leurs décisions d'investissement responsable. En effet, ces derniers mois, on a eu beaucoup de critiques qui ont été adressées aux labels de finance durable que je trouve pour ma part plus ou moins légitimes. Certaines, par exemple, que je trouve en l'occurrence légitime, pointent du doigt le fait que le cahier des charges du label, mais pas suffisamment exigeant. Il faut dire que la finance durable a évolué très rapidement ces dernières semaines et ces derniers mois en particulier poussés par la réglementation. Les cahiers des charges doivent donc suivre ce mouvement, ce qui n'est pas toujours le cas ou en tous les cas souvent, ce n'est pas suffisamment rapide. Mais rassurez vous, ces critiques ont été entendues et la gouvernance du label a été renouvelée et des groupes de travail sont en cours pour relever le niveau du cahier des charges. Certaines critiques sont selon moi moins légitimes, comme les accusations de greenwashing qui pèsent sur le label.

Elles sont liées, d'après moi, à une mauvaise compréhension de ce qu'est la finance durable, qui n'est pas de la finance verte, mais qui recouvre une diversité de produits financiers dont une majorité généraliste comme les fonds qu'on appelle best-in-class. Les labels doivent être à l'écoute des attentes des investisseurs finaux pour faire évoluer leur cahier des charges, mais aussi doivent faire preuve de pédagogie sur leurs objectifs pour qu'ils soient plus clairs.



Quelle est la politique de LFDE concernant tous ces labels ?


C.P. : A La Financière De l'Échiquier, notre label de référence, c'est le label ISR de l'Etat français. Tous nos fonds ISR et à impact doivent obtenir le label ISR français et nous avons également la possibilité d'obtenir d'autres labels de finance durable dans d'autres pays d'Europe selon nos besoins de commercialisation, par exemple en Allemagne et en Belgique. Nous avons cependant des standards en matière de finance durable qui vont au delà des exigences du label. A fin 2022, plus de la moitié de nos encours sont issus de fonds ISR ou à impact dont 14 fonds labellisés en France ou à l'étranger.


Pour nos lecteurs qui sont intéressés et souhaitent en savoir plus. Que leur conseillez vous ?


C.P. : Je les invite à écouter l'épisode 3 du podcast pédagogique sur la finance durable de LFDE : « Un pied devant l’autre ». Dans cet épisode réalisé avec Anne-Catherine Husson Traore, directrice générale de Novethic, nous répondons justement à la question : « Comment s'y retrouver dans la jungle des labels ISR ? ». Vous pouvez le retrouver sur votre plateforme de podcast préférée.

À propos de l'auteur

Coline Pavot - Responsable de la Recherche IR

Diplômée de SKEMA Business School avec une spécialisation en Développement Durable, Coline cumule grâce à ses stages plusieurs expériences dans le domaine du développement durable dont une expérience significative en microfinance. Elle a débuté sa carrière dans l'ISR en 2014 chez BNP Paribas Wealth Management en tant que Spécialiste Produit Investissements Responsables et a rejoint La Financière de l'Échiquier en février 2017 au poste d‘analyste ISR. En 2020, elle devient Responsable de la Recherche IR. En 2021, elle devient titulaire du Certificate in ESG Investing délivré par le CFA.


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