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Par Alexis Venifleis - Publié le 02.11.2022

«LE BATEAU EST DEVENU LE FIL D’ARIANE DE NOTRE GROUPE», STEPHANE VIDAL CEO DE PRIMONIAL

Engagé aux côtés de Sébastien Rogues depuis 2018, le groupe Primonial peut se féliciter de cette association couronnée de succès. Après avoir triomphé sur la Transat Jacques Vabre l’an passé, la marque et le skipper partent à l’assaut de la Route du Rhum, avant la livraison de leur nouveau bateau prévue en début 2023. L’occasion parfaite d’échanger avec Stéphane Vidal CEO de Primonial .

Stéphane Vidal, voilà trois ans que votre groupe est engagé aux côtés de Sébastien Rogues… Pouvez-vous rappeler les motivations originelles ?

D’ordinaire, ce sont les sportifs qui viennent taper aux portes des entreprises pour rechercher des soutiens financiers. Eh bien, dans notre cas, l’histoire a débuté avec le cheminement inverse ! En 2018, après avoir produit une pub de télévision, je cherchais un nouveau levier de communication pour faire connaître Primonial. Si les options sont nombreuses en matière de publicité, la rencontre avec Sébastien a suscité un déclic ! J’ai immédiatement compris que la voile pouvait devenir un instrument de communication taillé pour notre entreprise. Plus que tout autre sport, la voile correspondait aux objectifs de notoriété que nous poursuivions. En premier lieu, c’est une discipline qui permet d’ancrer son nom en l’associant à un bateau. Son usage est donc naturel, et le taux de reprise idéal.

Ensuite, la voile présente l’avantage de se décomposer en plusieurs catégories et projets distinctifs, qui peuvent répondre à des besoins variés du monde entrepreneurial. En ce qui nous concerne, nous avons donc pu opter pour la catégorie Ocean Fifty pour des raisons pragmatiques. D’une part car elle correspondait plus au budget que nous pouvions consentir, et d’autre part car cette classe permet de rendre l’extraordinaire accessible avec la possibilité de multiplier les opérations de relations publiques. J’ajouterais enfin que nous avons jugé judicieux de nous orienter vers un projet Ocean Fifty en raison de leur rareté. Au départ de la dernières Transat Jacques Vabre, seuls trois bateaux de ce type étaient en lice, donc forcément il est plus facile de se démarquer et d’attraper la lumière ! Et puis, c’était aussi un pari sur l’avenir, nous pressentions que cette catégorie allait exploser. Et vu le nombre de partants sur cette Route du Rhum, nous ne nous sommes pas trompés !

Le bilan de cette aventure semble donc très positif !

Extrêmement ! Il faut dire que nous nous sommes donnés les moyens de nos ambitions. Pour ainsi dire, cette arrivée dans la voile nous a conduit à consacrer la globalité de notre budget de communication dans ce sponsoring, au détriment de la publicité classique. Nous ne souhaitions pas être sur tous les fronts pour ne pas risquer de disperser nos messages. L’idée était d’en avoir un, puissant et représentatif de notre stratégie de développement… Et, force est de constater que nous avons pris la bonne direction, et que Sébastien et le bateau sont nos meilleurs ambassadeurs. Il suffit de comparer la nature des articles qui nous concernaient. Auparavant, la presse ne faisait état que de notre image très institutionnelle au travers de papiers souvent articulés autour de notre situation économique. Désormais, c’est le bateau qui est mis en avant, il est devenu le fil d’Ariane de notre groupe. Par ailleurs, le sacre qu’a connu Sébastien sur la Transat Jacques Vabre a évidemment nourri nos intérêts et consolidé notre image. D’après notre agence, nous aurions bénéficié de 4 à 6 millions de retombées économiques, ne serait-ce que sur les impressions médias. Je ne connais pas meilleur retour sur investissement !

Voilà ce qui explique pourquoi vous avez décidé de prolonger avec Sébastien jusqu’en 2026 et d’engager la construction d’un nouveau bateau avec lui !

En effet, l’histoire aurait peut-être été différente s’il avait connu une avarie, ou fini dans les derniers. Sauf qu’en l’état, tous les indicateurs étaient positifs, nous ne pouvions nous arrêter en si bon chemin. Au nom de « nous », j’évoque Primonial , mais aussi Sébastien qui méritait amplement que nous poursuivions à ses côtés. Quitte à continuer l’aventure, nous souhaitions nous engager avec des ambitions neuves et encore plus fortes, d’où notre volonté de construire un nouveau bateau, laquelle exigeait une prolongation de minimum quatre ans pour avoir l’accord des banques.

Vous évoquez une démarche encore plus ambitieuse, pourtant Sébastien a gagné la Transat Jacques Vabre avec ce bateau…

Certes, Sébastien s’est très bien débrouillé, mais c’est un bateau qui n’est plus tout jeune. Il a déjà 12 ans, et derrière son apparence moderne se cache une technologie vieillissante. Nous avons un vrai déficit en termes de poids par rapport aux bateaux de dernière génération. Nous pouvons compenser ce manque sur les longues traversées qui exigent des stratégies de routage, en revanche, sur les courses de vitesse pure, comme c’est le cas sur le Pro Sailing Tour, cela devient tout de suite plus compliqué. Il était essentiel de construire une nouvelle embarcation pour pouvoir faire bonne figure.

Il n’a donc jamais été question de changer de classe non plus ?

Non, ça n’a jamais été dans nos projets pour la simple et bonne raison que nous sommes convaincus que cette classe n’est qu’au début de son histoire. Nous sommes persuadés qu’elle représente l’avenir. Au risque de me répéter, en 2018, nous n’étions que trois, et nous voilà maintenant dix. À l’époque, nous occupions peu l’espace médiatique, ce qui a drastiquement changé aujourd’hui, et ce phénomène prendra de plus en plus d’ampleur avec la venue de nouveaux skippers sur cette classe. Nous allons donc continuer à capitaliser dessus, et au-delà de ces considérations, il faut prendre en compte qu’un projet Ocean Fifty ne nécessite pas le même budget que celui d’un IMOCA. Nous devons être pragmatiques, et s’interdire toute ambition démesurée.

À propos du nouveau bateau, avez-vous la main sur le projet ? Comment collaborez-vous avec Sébastien Rogues ? Quel budget ?

Je ne connais pas le coût précis de la construction, il se situe entre deux et trois millions d’euros. Concernant la conception, n’ayant pas d’expertise dans la voile, Sébastien a les mains libres. Nous lui faisons confiance, il s’est entouré d’une équipe d’architectes très compétente. Une fois le bateau conçu, nous travaillerons son look et sa décoration. Je sais que nos équipes internes sont déjà stimulées par cette perspective, et qu’elles coopéreront directement avec Sébastien pour imaginer l’habillage le plus percutant. Ceci dit, il conviendra de trouver le bon équilibre, c’est-à-dire revisiter notre partenariat en s’inscrivant dans la continuité de ce que nous avons déjà construit. Quoi qu’il en soit avant d’attaquer cette phase finale, je challenge surtout Sébastien sur le respect des délais et du budget.

Parlons un peu de la Route du Rhum qui arrive à grand pas… Comment allez-vous vous activer autour de l’event ?

Comme nous le faisons sur chaque grande course, nous sommes déjà présents sur place. Nous invitons plusieurs collaborateurs et clients amoureux de la mer, directement sur le bateau pour échanger avec Sébastien. La logistique sur Saint-Malo étant complexe, nous avons fait le choix d’animer le départ sur une péniche à Paris. En présence de plusieurs clients et collaborateurs, nous serons en direct live avec Sébastien qui nous fera part de son ressenti, et ses dernières impressions avant de s’élancer dans son épopée.

Et comment allez-vous faire vivre sa course ?

La traversée devrait être courte, j’espère qu’il ne mettra que neuf jours ! Quoi qu’il en soit, nous ferons en sorte de créer un véritable engouement en interne. Un fil de communication fera état de l’avancée de Sébastien, de sorte que personne ne puisse perdre sa trace. Nous pourrons également communiquer avec lui via WhatsApp, il nous tiendra informé de sa progression dès qu’il aura un petit moment… La fréquence des nouvelles sera peut-être plus espacée, car c’est une course en solitaire. En ce qui me concerne, je suis d’ailleurs partagé entre l’excitation et le stress. Je vais trembler tout au long de la course, avec la peur qu’il ne se retourne en pleine expédition… Seb est un peu mon fils spirituel. Je connais les risques d’une transat en solitaire, et à l’origine j’avais formellement refusé qu’il prenne part à ce genre de course, mais j’ai fini par céder, car c’était son rêve.

En dehors de la voile, est-il possible que vous vous engagiez dans d’autres disciplines à l’avenir ?

Pourquoi pas, mais il faudra adopter la bonne approche et sélectionner une discipline adaptée à nos valeurs. Nous pouvons d’ores et déjà exclure le cyclisme pour les questions de dopages, la F1 qui rentre en contradiction avec nos exigences environnementales. Quoi qu’il en soit, je pense que nous sommes loin d’avoir exploité le plein potentiel de notre aventure voile. C’est une page sponsoring extrêmement riche qui coche toutes les cases que nous recherchions.

Autre alternative. Pourriez-vous créer une petite TEAM d’athlètes dans la perspective des JOP de Paris ?

Les Jeux sont naturellement une perspective intéressante, mais nous n’avons pas l’intention de former quelconque équipe d’athlètes. Nous nous concentrerons uniquement sur Sébastien jusqu’à la fin de notre contrat. Nous recevons beaucoup de sollicitations, sauf qu’il est important de ne pas s’éparpiller. Notre projet voile est déjà suffisamment prenant.

Propos recueillis par Alexis Venifleis