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Par Nadine Trémollières, Directeur Primonial Portfolio Solutions - Publié le 13.01.2023

Inflation, guerre en Ukraine, hausse des taux : 2022, une année historique pour les marchés financiers

Le début de l’année est traditionnellement consacré, à faire le bilan de l’année écoulée ou à faire des prévisions, vite oubliées, et qui s’avèrent rarement exactes un an plus tard. Pourtant, nous avions vu juste en écrivant dans la tribune de janvier dernier que « le segment obligataire était à proscrire » tant l’absence de rendements des obligations publiques et privées rendait ce risque complètement asymétrique.


> Marchés obligataires : des évolutions historiques


Douze mois plus tard, les conditions ont complétement changé. Les marchés obligataires ont connu un krach inédit dans l’histoire récente avec une performance négative du 10 ans allemand (la dette la moins risquée du monde) de 19,60 %. Historique et impensable il y a un an ! Les plus pessimistes des économistes prévoyaient quatre ou cinq hausses des taux aux États Unis de 0,25 ou de 0,50 point, là où nous en avons connu sept dont trois consécutives de 0,75 point. Personne n’envisageait que les taux courts américains bondiraient ainsi de 4,25 points en un an, contribuant à faire monter l’ensemble de la courbe des taux et à corriger tous les actifs actions dont la valorisation était plutôt élevée.

La Banque centrale européenne (BCE) a aussi mis fin à sa politique de taux négatifs en resserrant ses conditions monétaires. En un an, nous avons effacé presque 10 ans de baisse des taux. Les taux long terme ont intégré ces durcissements monétaires et les taux 10 ans ont fortement augmenté au cours de l’année. Ils sont passés de 1,5 % à près de 4 % aux Etats-Unis et de -0,20 % à plus de 2,50 % en Allemagne. Mais ces hausses ont aussi durement affecté toute la courbe des taux avec des hausses similaires sur les échéances plus courtes.


> Marchés actions : de fortes disparités géographiques et thématiques


Côté marché actions, les performances 2022 sont aussi bien dégradées avec de fortes disparités entre les zones géographiques. La surperformance de l’Europe surprend tant les conséquences du conflit russo-ukrainien à ses portes auraient pu l’affecter davantage. Mais, la rotation cyclique, qui s’est matérialisée cette année vers les valeurs moins bien valorisées et plus cycliques, explique une grande partie de la surperformance des indices européens. De leur côté, les indices américains ont plus souffert de la prédominance des valeurs de croissance et technologiques. 2022 restera d’ailleurs pour les valeurs technologiques comme l’année d’un retournement après des années marquées par des excès de valorisation et de croissance pas forcément soutenables.

Enfin, les pays émergents ont affiché des performances très hétérogènes entre la Chine qui paye un lourd tribut à sa très stricte politique sanitaire et les pays d’Amérique Latine qui ont bénéficié à plein de l’augmentation du prix des matières premières et particulièrement des prix agricoles.



> Un environnement économique incertain


L’année qui commence apporte son lot d’espoirs mais aussi de difficultés. La crise énergétique pèse un peu moins sur l’Europe. La météo hivernale est pour le moment plutôt favorable et les stocks de gaz ont pu être reconstitués grâce à la mise en place de nouvelles sources d’approvisionnement. Le pic d’inflation semble donc être derrière nous, même si les chiffres d’inflation en Europe ne devraient pas encore décélérer en début d’année. Autre source d’espoir, le conflit russo-ukrainien ne devrait pas s’étendre au-delà de la zone actuelle.


Cependant, les nuages gris sont toujours bien présents avec un ralentissement économique dont on ne maitrise pas encore l’ampleur et un resserrement monétaire toujours en cours car la décélération de l’inflation n’est pas suffisante pour entrevoir une pause pour les banques centrales. Enfin, les entreprises ont publié dans l’ensemble des résultats plutôt bons en 2022 mais certains indicateurs laissent penser que la diffusion de l’inflation éroderait les marges des entreprises ce qui ferait baisser les bénéfices anticipés par les analystes en 2023.



> Que faire dans cette situation ?


Chaque année apporte son lot de crises inattendues qui peuvent faire basculer les marchés. Nous continuerons notre stratégie de proposer des allocations qui soient adaptées aux scénarios centraux développés par le consensus de marché et suffisamment diversifiés pour pouvoir subir des chocs exogènes. Cependant, cette recherche de diversification a été annihilée l’an passé par l’extrême corrélation des tous les actifs : actions et obligations baissant fortement de concert et rendant les allocations difficiles.

Pourtant, la présence des fonds euros et des actifs moins liquides (immobilier, private equity, dettes privées) ont permis à nos profils de passer cette période sans de trop grosses pertes. Ainsi, notre profil équilibré a baissé d’un peu moins de 4 % en 2022.

La remontée des taux obligataires crée en 2023 des opportunités qui avaient disparu depuis de nombreuses années. De plus, l’écartement des spreads de crédit permet de retrouver des rendements attractifs en termes de portage. L’ajout, en décembre dernier, de fonds obligataires à échéance y contribue. Cependant, nous évoluons dans une certaine incertitude quant à la durée et à l'importance de la récession. C’est pourquoi, nous privilégions les obligations les mieux cotées au détriment des obligations High Yield qui pourraient connaitre des difficultés de refinancement de leurs dettes à court terme.

Concernant l’allocation des actions, les thématiques de développement durable ont lourdement souffert en 2022 mais la transition écologique va s’accélérer et des investissements publics et privés de grande ampleur sont progressivement mis en place. Cela va bénéficier aux sociétés engagées dans ces différents secteurs. La mise en application en Europe des nouvelles exigences réglementaires (MIF II, DDA) visant à réorienter les capitaux des investisseurs privés vers des investissements durables va accentuer ce mouvement et forcer les entreprises à intégrer les notions de durabilité à toutes les étapes (produits, gouvernance…). Enfin, la faiblesse attendue du dollar devrait profiter aux économies émergentes et en particulier à la Chine après de longs mois de sous performances excessives.

Nous vous souhaitons une bonne et heureuse année 2023 !



Achevé de rédiger le 11/01/2023

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

À propos de l'auteur

Nadine Trémollières - Directrice du Pôle Primonial Portfolio Solutions.

Diplômée de l’ESG, Nadine Trémollières a débuté sa carrière comme Trader à la Caisse des Dépôts et Consignations pendant plus de 10 ans à Paris et à New York. Elle a ensuite intégré les équipes d’AXA IM, en qualité de Gestionnaire puis Responsable des marchés de taux émergents avant de rejoindre Pictet AM à Genève en tant que Responsable de la gestion obligataire des produits « Total Return ».

Depuis 2008, elle était Gestionnaire senior multi-asset chez HSBC Global AM à Paris. Nadine Trémollières a rejoint le groupe Primonial en 2014 pour prendre la direction de Stamina AM, société de gestion au sein de la multi-boutique de Primonial (intégrée à La Financière de l’Echiquier fin février 2018). Au printemps 2018, elle prend la direction du Pôle Primonial Portfolio Solutions nouvellement créé.


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