Primonial

« Quand on tombe dans l'eau, la pluie ne fait plus peur » - Point marchés décembre 2018

Fin novembre, nous faisions un constat plutôt sombre de cette année boursière, mais le mois de décembre a été encore plus meurtrier.

A son tour le marché américain chutait fortement en décembre (plus de 10 % de baisse pour le S&P 500 et le Nasdaq) pour clôturer l’année en territoire négatif. Le pessimisme ambiant, qui a touché tour à tour les marchés émergents au 1er semestre, puis les actions européennes au cours de l’été, a fini par contaminer le seul marché qui restait toujours positif contre vents et marées.

 

Une des raisons majeures de la baisse des marchés mondiaux en 2018 est le retournement cyclique qui s’est opéré pendant la deuxième partie de l’année. Mais à notre sens, la principale raison reste la restriction monétaire que les banques centrales ont et vont continuer à mener dans les prochains mois. En effet, nous allons entrer, 10 ans après la crise financière de 2008, dans une ère post-Quantitative Easing dans laquelle un certain nombre d’actifs, qui avaient été dopés par les achats massifs des banques centrales (notamment les obligations gouvernementales et d’entreprises), vont avoir à gérer un repricing de la part des investisseurs. Les corrélations entre baisse des actions et hausse des taux que nous avons observé au dernier trimestre vont sûrement se reproduire dans les mois à venir. Dans la mesure où les obligations et les actions ont été indirectement soutenues par les banques centrales dans le passé, elles sont tout aussi vulnérables à l'effet inverse à mesure que la politique monétaire se durcit. Ainsi, il faut s’attendre à ce que des corrections de valorisation se manifestent au fur et à mesure que les effets artificiels d’un accommodement monétaire seront démantelés.

 

De plus, l’inflation va redevenir un élément central des préoccupations des économistes en 2019. Certains pensent que celle-ci devrait rester modérée grâce à la baisse récente des prix du pétrole, ce qui limiterait de facto le durcissement des conditions monétaires aux États-Unis et donc la hausse du dollar. À l’inverse, d’autres pointent les pressions salariales dues à la vigueur exceptionnelle du marché de l’emploi américain pour justifier de nouvelles hausses des taux en 2019 de la part de la banque fédérale américaine. Cependant, on peut envisager que l’attitude de la FED puisse être plus conciliante malgré le plein emploi et la vigueur de l’activité économique, et qu’elle s’adapte avec souplesse à des risques même modérés de ralentissement économique. Cela augmenterait ainsi les possibilités d’un atterrissage en douceur de l’économie américaine là où certains ajustent déjà leurs valorisations par crainte de voir arriver une récession outre-Atlantique.

 

Mais de façon certaine, la montée des incertitudes sur le rythme de croissance des grands pays développés et de la Chine, la normalisation des politiques monétaires et la hausse des rendements obligataires, ainsi que la diminution du taux de marge des entreprises du fait de l’augmentation des taux vont générer de la volatilité sur les marchés actions durant les prochains mois. A ces différents éléments, nous pourrions ajouter des éléments plus conjoncturels tels que le Brexit, le budget italien ou de façon générale la montée des mécontentements en Europe qui semblent toujours être d’actualité.

 

Néanmoins la baisse significative des indices actions au cours du dernier trimestre peut nous laisser entrevoir des rebonds importants au cours des prochains mois. L’augmentation de la volatilité permettra notamment aux investisseurs de se positionner sur les marchés lorsque les indices subiront à nouveau des épisodes de stress. Il faudra donc rester agile et flexible pour s’adapter au mieux à cet environnement qui sera peut-être moins lisible et paisible que les années que nous venons de passer.

 

 

Achevé de rédiger le 15/01/2019.

Sur le même sujet

  • C'est en mer agitée qu'on reconnaît la qualité du bois du bateau

    En règle générale, le mois d’octobre, tout comme le mois de mai, traîne une mauvaise réputation auprès des investisseurs. 

    lire la suite
  • La mer la plus profonde a un fond, la montagne la plus haute a une cime

    L’heure des bilans sonne déjà en cette fin d’année 2018 et au-delà des chiffres purs, ce millésime restera dans les mémoires comme une année singulière.

    lire la suite
lire plus tard
« Quand on tombe dans l'eau, la pluie ne fait plus peur » - Point marchés décembre 2018
envoyer
être rappelé
Nos conseillers sont à votre disposition.
Indiquez le numéro de téléphone sur lequel vous souhaitez être rappelé (du lundi au vendredi de 9h à 19h).
Séléctionnez un jour :
Plage horaire :
Pour nous aider à éviter le spam, merci de répondre à la question suivante :

Les informations personnelles recueillies feront l'objet d'un traitement. Conformément à la loi française n° 78-17 du 6 janvier 1978, vous bénéficiez d'un droit d'accès, de rectification, d’effacement, de portabilité et d'opposition relatif aux données le concernant. Pour exercer ces droits ou contacter le responsable des données personnelles pour toute information complémentaire, vous pouvez nous écrire par email à DDP@primonial.fr ou par courrier à l'adresse Primonial - DDP – 6-8 rue du Général Foy - 75008 Paris. Pour plus d'informations vous pouvez consulter notre politique de données personnelles
contactez-nous
par téléphone

0 800 881 888
Du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h

Contactez-nous par e-mail
Pour nous aider à éviter le spam, merci de répondre à la question suivante :

* champs obligatoires
Accéder à votre espace :
J'accepte et je continue x

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation des cookies pour nous permettre de vous fournir un contenu adapté à vos centres d’intérêt et mesurer la fréquentation du site.

Vous trouverez ici plus d’informations au sujet de notre politique concernant les cookies.