Primonial

C'est en mer agitée qu'on reconnaît la qualité du bois du bateau

En règle générale, le mois d’octobre, tout comme le mois de mai, traîne une mauvaise réputation auprès des investisseurs. 

On pourrait commencer cette chronique par le classique retour d’Octobre noir. Tout le monde garde en tête celui d’octobre 1929 et a connu celui de 2008. Quelques-uns se souviennent de celui de 1987, et dans une moindre mesure de celui de 1988. En règle générale, le mois d’octobre, tout comme le mois de mai, traîne une mauvaise réputation auprès des investisseurs. Pourtant nulle malédiction n’est à voir dans ce mois, si ce n’est la traditionnelle fête des sorcières le 31 ! Depuis 20 ans, 15 mois d’octobre ont fini leur parcours boursier dans le vert.

 

Cependant 2018 signe un millésime plutôt anxiogène, avec des indices qui dévissent de plus de 5 % sur le mois et ce, dans toutes les zones. Même les bourses américaines, qui résistaient contre vents et marées depuis plus de 3 mois au pessimisme croissant en Europe et dans les pays émergents, ont cédé du terrain. Ces baisses d’indices s’accompagnent de tensions sur les taux qui alimentent (ou devancent) la baisse des marchés actions. Il est donc particulièrement difficile au mois d’octobre de trouver des placements qui ne baissent pas, ce qui rend l’exercice d’allocation particulièrement difficile.

 

Mais tentons de trouver des raisons à ces baisses, même si réellement aucun élément n’est venu apporter un nouvel éclairage. Comme nous le soulignions le mois précédent, la macro-économie en Europe semble marquer un ralentissement, pas forcément spectaculaire mais plutôt régulier, ce qui peut être annonciateur de la fin du cycle attendue par les économistes. Les épisodes politiques restent rythmés régulièrement par nos amis italiens qui ont repris le relais tenu par les Grecs ces dernières années et font peser un nouveau stress sur la durabilité de la construction européenne à l’instar des Anglais englués dans leur sortie de l’Union Européenne.

 

Aux Etats-Unis, la montée des taux continue d’inquiéter les investisseurs. Mais la correction qui a ébranlé les indices, et plus particulièrement les indices des sociétés technologiques, semble plus être liée à des facteurs techniques de consolidation qu’à des raisons de dégradation des perspectives ou des résultats de ces entreprises. D’ailleurs, les indices de volatilité (indices de la peur) ont été bien en-deçà des épisodes de baisse précédents (environ 25% pour le VIX contre 40% lors des baisses de 2015 et 2016).

 

Globalement, nous avons subi un épisode de montée de l’aversion au risque, tel que nous risquons d’en vivre plus fréquemment dans un environnement futur où l’extraordinaire liquidité, qui était venue supporter nombre d’actifs, va refluer lentement et sûrement. La sélection des actifs constituera à nouveau la pierre angulaire des allocations, ce que Warren Buffet illustrait par cette phrase : « C’est quand la mer se retire qu’on voit ceux qui se baignent nus ».

Que faire dans la situation actuelle ?

 

Aucun élément nouveau n’est venu s’ajouter ces dernières semaines à ceux que nous connaissions déjà. Il s’agit davantage de la cristallisation de différentes sources d’inquiétude qui a entrainé cette correction sur le mois d’octobre.

 

Ces pics de volatilité, voire ces baisses de marchés constituent des opportunités pour acheter certains actifs à meilleur prix.  Cependant nous pensons que le marché est loin d’être immunisé contre d’autres accidents similaires dans le futur et nous estimons qu’il est nécessaire de garder une certaine prudence, voire même des liquidités pour pouvoir saisir d’autres opportunités.

 

En termes de géographie, les actifs américains sont toujours plus chers que ceux du reste du monde, mais ils continuent d’offrir un côté défensif qui peut s’avérer intéressant. Cependant nous préférerons la diversification des fonds d’actions mondiales aux fonds purs américains.

 

En termes de style, les valeurs de croissance, qui avaient tiré les indices boursiers depuis près de 10 ans et qui avaient bien résisté jusqu’alors aux phases de corrections précédentes, ont pleinement contribué à la baisse. Le style Value continue de reculer mais dans les mêmes proportions que les valeurs de croissance indiquant le retour progressif des investisseurs sur cette thématique.

 

En termes de taille de capitalisation, les petites et moyennes valeurs affichent de fortes pertes suite aux inquiétudes des investisseurs quant à leur moindre liquidité lorsque les conditions financières se durcissent.

 

Achevé de rédiger le 12/11/2018

Sur le même sujet

  • On ne se laisse surprendre que par la première pluie de la saison

    Cet été ne nous a apporté aucune surprise majeure et n’a fait qu’accentuer les tendances qui s’étaient dessinées durant le premier semestre. 

    lire la suite
  • « C’est à l’endroit où l’eau est la plus profonde qu’elle est le plus calme »

    Cette rentrée condense un certain nombre de questions qui ne trouvent pas facilement de réponses.

    lire la suite
lire plus tard
C'est en mer agitée qu'on reconnaît la qualité du bois du bateau
envoyer
être rappelé
Nos conseillers sont à votre disposition.
Indiquez le numéro de téléphone sur lequel vous souhaitez être rappelé (du lundi au vendredi de 9h à 19h).
Séléctionnez un jour :
Plage horaire :
Pour nous aider à éviter le spam, merci de répondre à la question suivante :

Les informations personnelles recueillies feront l'objet d'un traitement. Conformément à la loi française n° 78-17 du 6 janvier 1978, vous bénéficiez d'un droit d'accès, de rectification, d’effacement, de portabilité et d'opposition relatif aux données le concernant. Pour exercer ces droits ou contacter le responsable des données personnelles pour toute information complémentaire, vous pouvez nous écrire par email à DDP@primonial.fr ou par courrier à l'adresse Primonial - DDP – 15/19 avenue de Suffren- 75007 Paris. Pour plus d'informations vous pouvez consulter notre politique de données personnelles
contactez-nous
par téléphone

0 800 881 888
Du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h

Contactez-nous par e-mail
Pour nous aider à éviter le spam, merci de répondre à la question suivante :

* champs obligatoires
Accéder à votre espace :
J'accepte et je continue x

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation des cookies pour nous permettre de vous fournir un contenu adapté à vos centres d’intérêt et mesurer la fréquentation du site.

Vous trouverez ici plus d’informations au sujet de notre politique concernant les cookies.