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Publié le 13.06.2019

Les marchés financiers basculent sous le poids des tensions commerciales

Comme nous le pressentions fin avril, le mois de mai a, en partie, respecté le célèbre adage « Sell in May and go away » avec des baisses généralisées sur tous les actifs risqués.

« Sell in May and go away »

Le marché des actions mondiales (MSCI World) a ainsi reculé de 5,77 % en USD, tandis que les actions américaines (S&P500) abandonnaient 6,35 % et que les actions asiatiques perdaient plus de 8,50 % en USD. Le marché européen n’a pas été en reste, même si sa baisse a été plus mesurée que celles des actifs internationaux. Les principaux indices européens, à l’image du CAC 40, ont abandonné un peu moins de 5,5 % sur le mois. En Italie, la baisse de l’indice domestique a cependant été plus marquée (-8,08 % sur la même période).

Les raisons de ce regain de volatilité sur les actifs risqués sont bien sûr à chercher du côté de la radicalisation de la position des Etats-Unis dans ses relations commerciales avec la Chine, mais aussi vis-à-vis d’autres pays, notamment le Mexique. Cela démontre la volonté du président américain d’utiliser l’arme commerciale dans des contentieux politiques (exemple de l’immigration) et non plus uniquement commerciaux. Cette stratégie, manifestement électorale, alors même que Trump va démarrer officiellement sa campagne le 16 juin en Floride, pourrait donc s’étendre à d’autres pays et peser ainsi sur le volume et la croissance des échanges commerciaux mondiaux, et donc dégrader la croissance mondiale.

Par un effet miroir, du côté des taux, nous avons assisté à un nouveau « fly to quality » avec une baisse historique des rendements sur les obligations long terme européennes mais aussi américaines. Ainsi, le Bund allemand a enfoncé son dernier record datant de juin 2016, avec un rendement à 10 ans à -0,20 % alors que le 10 ans US affichait un taux de 2,15 % avec une baisse de plus de 1 point en 6 mois. Rappelons juste que ce sont les craintes de hausses sur les rendements du 10 ans américain à plus de 3,25 % qui avaient en partie justifié la baisse des actifs risqués à l’automne dernier ! 7 mois plus tard, c’est la baisse de ces mêmes rendements qui inquiète les marchés actions. Il est parfois difficile de comprendre la cohérence de ces mouvements ! De plus, l’inversion de la courbe des taux aux Etats-Unis, qui résulte de la baisse des échéances longues, ravive dans les esprits le spectre d’une récession potentielle. Nous écartons néanmoins ce scénario tant que les indicateurs macroéconomiques démontreront la solidité de la croissance américaine et que la FED sera prête à assouplir ses taux de dépôt en réponse à la baisse de la croissance potentielle.

Du côté européen, la grande majorité des taux de rendement sont en territoire négatifs jusqu’en moyenne aux échéances 8 ans. Seule l’Italie peine à suivre cette tendance, plombée par la défiance des marchés sur sa gouvernance et son manque de dynamisme économique. La Grèce arrive même à se refinancer à 5 ans sur des taux inférieurs à ceux de l’Italie de même échéance (1,54 % contre 1,67%). Quel chemin parcouru par le gouvernement d’Alexis Tsipras en moins de 7 ans pour restaurer la confiance des marchés !

Que faire dans la situation actuelle ?

Fondamentalement, la situation actuelle ne nous semble pas remettre en cause notre scénario qui vise à construire des portefeuilles qui seront davantage exposés aux marchés actions qu’aux marchés de taux, et ce malgré la volatilité que cela peut entrainer à court terme.

Nous ne pensons pas que ce mois soit le prélude d’une correction similaire à celle que nous avons vécu au dernier trimestre 2018. Les banques centrales sont de nouveau à la manœuvre pour baisser les taux (FED) ou assouplir les conditions monétaires (BCE), les conflits commerciaux pourraient être résolus en partie lors du G20 qui se tiendra fin juin et la croissance mondiale ne nous semble pas être trop affectée malgré la baisse des indices PMI manufacturiers dans tous les pays du monde.

En revanche, les risques géopolitiques subsistent en Europe avec les craintes toujours vivaces d’un Brexit sans accord, en Iran et en Corée du Nord. Sans oublier nos voisins italiens dont le gouvernement Salvini sort renforcé des récentes élections européennes.